Risques menaçant l’économie tunisienne en 2024

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Le rapport «Global Risks Report 2024 » analyse exhaustive des risques mondiaux sur trois périodes distinctes, visant à éclairer les décideurs dans la gestion des crises immédiates tout en préservant les objectifs à long terme. Les résultats de l’enquête menée pour la période 2023-2024 mettent en lumière une prédominance de perspectives négatives pour les deux années à venir, avec une tendance à l’aggravation au cours de la décennie suivante.

Quant à la Tunisie, le rapport classe les quatre principaux risques révélés par une enquête d’opinion menée auprès d’experts de la manière suivante :

Ralentissement économique

La principale inquiétude des chefs d’entreprise en Tunisie tourne autour du ralentissement économique, suivi de près par le risque persistant d’une crise de la dette publique. Ces conclusions émanent de la 19e édition du rapport sur les risques mondiaux du World Economic Forum (WEF), notamment pour le cas tunisien.

Cette préoccupation n’est pas isolée à la Tunisie ; elle est partagée par ses voisins, le Maroc et l’Egypte. Ensemble, ces nations considèrent le ralentissement économique comme ma menace la plus pressante pour les deux années à venir.

Dette publique

Dans son « Rapport annuel sur la dette publique de 2022, inclus dans la loi de finances 2024 » le ministère des Finances a révélé que le niveau total de l’endettement public a augmenté pour atteindre 119,49 milliards de dinars au premier semestre de 2023, soit 79% du PIB. Cette augmentation est notable par rapport aux chiffres précédents, avec 114,86 milliards de dinars 2022 (représentant 79,83% du PIB), 104,19 milliards de dinars en 2021 (79,86% du PIB) et seulement 83,31 milliards de dinars en 2019 (67,75% du PIB). Parallèlement, le service de la dette s’est élevé à 7,53 milliards de dinars au premier semestre de 2023, par rapport à 14,44 milliards de dinars en 2022 et 9,6 milliards de dinars en 2019.

Pénurie d’eau

En 2024, la crise de l’eau en Tunisie demeure une préoccupation majeure. Au mois de janvier de cette année, le taux de remplissage des barrages était de 28,3%, en nette baisse par rapport au taux de 58% enregistré en janvier 2021. Cette diminution est attribuable  à une sécheresse prolongée qui a sévi tout a long de l’année 2023. La réduction du niveau d’eau dans les barrages a entraîné des restrictions dans la distribution d’eau tant pour les ménages que pour les entreprises. Les autorités tunisiennes ont mis en place des mesures limitant l’utilisation de l’eau à certains horaires, notamment pour l’irrigation, le lavage des voitures et l’arrosage des jardins. Cette baisse du niveau a également eu  un impact significatif sur le secteur agricole, avec une diminution de la production agricole, avec une diminution de la production agricole de 15% en 2023 en raison de la rareté de l’eau.

Inflation

Pour l’année 2024, une tendance à la baisse de l’indice des prix à la consommation est anticipée, motivée par plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci figurent la diminution continue des prix des matières premières et des produits de base à l’échelle mondiale, la stabilité des chaînes d’approvisionnement, l’impact de la hausse du taux directeur de la BCT et la réduction de l’inflation importée.

La Banque Centrale de Tunisie prévoit une baisse du taux d’inflation dans le pays pour l’année à venir, le ramenant à 7,7% par rapport à 9,4% pour l’ensemble de l’année 2023.

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